
Depuis quarante ans, ce commerçant indien consacre sa vie et son temps à surveiller le gouvernement d’un regard auquel rien n’échappe.
La seule distraction que Subhash Chandra Agrawal se soit jamais accordée est l’écoute en boucle de la chanson Wo kagaz ki kashti, wo barish ka paani [“Jouer avec des bateaux de papier dans l’eau de pluie”, N.D.L.R.], une élégie du temps perdu. “Ça me rappelle mon enfance. Il n’y avait pas de pollution, de bruit, d’air conditionné, de téléphones portables. J’avais l’esprit libre” dit le marchand de textile de 62 ans, assis dans son bureau de la haveli familiale nichée derrière le gurdwara de Chandni Chowk, l’artère mythique et bouillonnante du vieux Delhi. “Chacun a sa propre passion. Pour certains ce sont les cartes, d’autres ce sont le jeu, moi c’est écrire des lettres. C’est à la fois mon plaisir et mon loisir.” La dernière fois que Subhash Chandra Agrawal se rappelle être parti en vacances, c’était en 1975. Il aurait dû avoir 15 jours. Il n’en prit que 10.
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Je suis tombé tout à l’heure sur cette vidéo absolument magnifique de la fête indienne de Holi. Dans une ambiance souvent dopée au bhang lassi (je ne vous fais pas de dessin…), les Indiens se projettent des pigments de couleurs à travers la journée pour fêter le printemps. Le cadre est évidemment photogéniquement incroyable (vous avez forcément vu certains des fameux clichés de Steve McCurry) mais certainement beaucoup plus dur à saisir en vidéo. Et pourtant ce petit film y réussit à merveille.



